Les collections oubliées du Muséum de Blois retrouvent la lumière du jour [article La Nouvelle République]
La mission des trois prestataires et du Muséum est la même : préserver les collections et les rendre accessibles au public. Pour cela, un travail minutieux est de mise afin
de récupérer toutes les informations nécessaires pour chaque objet.
© Photo NR
On s’active sous les combles du château de Blois (Loir-et-Cher). Les collections du Muséum qui sont entreposées ici sont passées au crible pour les rendre plus accessibles.
"C’est plutôt du mammouth ou de l’hippo ?" Voilà, en substance, les questions qui fusent sous les combles du château de Blois (Loir-et-Cher), depuis lundi 1 août et cela
pour 10 jours. Trois prestataires privés passent à la loupe les éléments de la collection du Muséum d’histoire naturelle de Blois, entreposés ici depuis les années 1980.
« Nous avons redécouvert des choses dans nos collections »
Depuis 2018, Anne-Laure Boukef, chargée de collection du Muséum de Blois, s’est intéressée à cette réserve. « À travers un pré-inventaire, on a redécouvert des choses », explique-t-elle. Or, comme le rappelle Hugo Bordet, de l’entreprise HBconservation, sur place : « La loi pour les musées de France, instaurée en 2004, pose que chaque établissement doit réaliser un inventaire tous les 10 ans. »
Nettoyer, balayer astiquer…
Alors, pour mettre de l’ordre dans les collections accumulées à travers le temps, les entreprises HBconservation, Les mondes de Lundazepa et ConsulT.O sont venues à la rescousse. « En 2021, nous avons lancé une demande de subvention auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, continue Anne-Laure Boukef, afin de financer l’informatisation de la collection. ». Alors l’équipe de prestataires s’active. « Ce sont environ 33.000 lots que nous devons passer au crible », explique Hugo Bordet. Parmi les objets, on trouve des ossements d’ours des cavernes, des coquillages, des dents de mammouths ou encore des fossiles d’oursins. Équipés d’une blouse, de gants et de masque, un premier technicien ouvre les vitrines et tiroirs pour en extraire les objets préservés.
« Ils ont pu être mis en contact avec certaines substances polluantes, continue le technicien de conservation, l’arsenic était beaucoup utilisé par les taxidermistes, ou certaines roches peuvent comporter des traces de radiations, par exemple. » Une fois nettoyés de ces potentielles substances, les objets sont pesés, mesurés, pris en photos et rangés individuellement, dans des sachets plastiques, tous accompagnés d’une petite étiquette permettant leur identification.
Rendre les collections plus accessibles
« L ’objectif est de pouvoir retrouver facilement chaque objet », résume Anne-Laure Boukef. « Pour cela, continue Hugo Bordet, les objets sont étiquetés. On numérote
également les caisses dans lesquelles ils sont entreposés. » Les prestataires identifient ainsi environ 200 objets par jour. La réalisation de ce référencement devrait rendre plus accessible ces collections. « À terme, la base de données créée devrait être mise en ligne », conclut la chargée de collection.
Chercheurs, amateurs, étudiants, lycéens, tout le monde pourra savoir ce que le muséum a en sa possession. « Un lycéen qui voudrait faire un exposé sur les mammouths pourrait venir voir de ses yeux des dents, des défenses etc. », souligne Hugo Bordet. Pour cela, le Muséum espère pouvoir avoir accès à des subventions les prochaines années, afin que sa collection puisse être informatisée dans sa totalité.