LE FONDS SCIENTIFIQUE, TECHNIQUE ET NATUREL DU PRYTANÉE [article La Gazette du Patrimoine de l’armée de Terre]

Fin septembre, la Délégation au patrimoine de l’armée de Terre a effectué une mission de récolement au lycée militaire du Prytanée-La Flèche.

Cet ensemble d’histoire naturelle rejoint la tradition des cabinets de curiosité à effet d’enseignement et présente des œuvres de tous types : botaniques, zoologiques (933 spécimens), géologiques (3 226 échantillons), instrumentation scientifique. Cette dernière est particulièrement intéressante grâce aux fonds du Docteur Auzoux qui présente des chefs d’œuvres du XIXème siècle destinés à l’enseignement telle un écorché en papier mâché, type d’œuvre qui figure habituellement dans les vitrines de grands musées.

Le premier inventaire a été dressé en 1876 et une révision de la collection s’imposait d’autant plus que certaines pièces sont jugées toxiques. On compte en effet, des taxidermies préparées à l’arsenic (oiseaux, primates par exemple), des herbiers fixés au mercure, des fluides inflammables et cancérigènes (serpents, insectes), ainsi que des minéraux toxique (uranium et amiante) ... Il faut noter également la présence d’œuvres sen- sibles avec des restes humains (une dizaine de crânes), fossiles rares et des squelettes d’espèces disparues ou en passe de l’être.

Renforçant l’expertise de la DELPAT, un régisseur spécialiste en patrimoine naturel, Hugo Bordet (HBconservation), a aidé à la réalisation de relevés sur cette collection. L’objectif actuel est de pouvoir inventorier, documenter en profondeur et de valoriser ces ensembles très précieux qui sont des témoins de l’hétérogénéité des biens scientifiques de la DELPAT.

Pourquoi conserver des collections toxiques ?

Propriété de l’État, le fonds patrimonial du Prytanée en partie radiocatif (voir plus haut) aurait pu être destiné à la destruction. Or, il est possible de conserver et d’exposer ce type de collections au grand public à l’aide de protocoles adaptés.

Le Manifeste du Muséum - Quel futur sans nature? (Paris, Reliefs Editions, 2017) rappelle ainsi l’importance de ce patrimoine d’histoire naturelle se rapportant au grand dictionnaire de la nature. L’enjeu est l’étude de « tous les niveaux d’organisation de la matière, de la Terre aux corps célestes, des minéraux aux roches, des génomes aux cellules, des organismes aux écosystèmes. »

Source : La Gazette du Patrimoine de l’armée de Terre, janvier 2022.

 
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